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lundi 19 août 2019

GEORG DEUTER Pearls

DEUTSCHE ELEKTRONISCHE MUSIK 3
Compilation

Label : Soul Jazz Records
Année : 2017
A1 Klaus Weiss : Wide Open Space Motion
A2 A.R. & Machines : I'll Be Your Singer, You'll Be My Song
A3 Deutsche Wertarbeit : Deutscher Wald
A4 Dzyan : Khali
A5 Missus Beastly : Geisha
B1 Alex : Derulé
B2 Agitation Free : In The Silence Of The Morning Sunrise
B3 Georg Deuter : Pearls
B4 Michael Bundt : The Brain Of Oscar Panizza
C1 Popol Vuh : Ja, Deine Liebe Ist Süsser Als Wei
C2 Novalis : Dronsz
C3 Bröselmaschine : Schmetterling
D1 Neu! : Neuschnee
D2 Between : And The Waters Opened
D3 La Düsseldorf : White Overalls
D4 Klaus Weiss : Constellation
E1 Achim Reichel : Tanz Der Vögel In Den Winden
E2 Roedelius : Lustwandel
E3 Pyrolator : Die Haut Der Frau
E4 Cluster : Hollywood
F1 Streetmark : Passage
F2 Niagara : Rhythm Go
F3 Michael Bundt : Neon

Genre : Free pop from Germany
TS Radio 1 Brainstorm, morceau 1 : Pearls

La discographie de Deuter est fortement dispensable, à moins de pratiquer la médiation où de chercher à intégrer une secte. Séduit lui-même par le gourou indien Bhagwan Shree Rajneesh lors d'un voyage spirituel, l'Allemand Georg Deuter lui dédiera de nombreux disques qui sentent le patchoulis et l'encens, dans lesquels la flûte, la guitare acoustique et quelques douces percussions le disputent aux sons de fontaines, de petits oiseaux et de vent dans les arbres... Le genre de truc qui donne envie de sniffer de la colle en s’enfonçant une épingle à nourrice dans le lobe de l'oreille.
Cependant, comme beaucoup de ses contemporains des années 70, Georg taquine le synthétiseur et fabrique des boucles aux sonorités réjouissantes qui sont parfaites pour ouvrir un mix !
Pour le reste, cet ultime volume des compilations que Soul Jazz consacre aux audacieux musiciens de la pop avant-gardiste allemande des années 70 est peut-être le meilleur des trois. L'absence du groupe Can y est largement compensée par un tas de découvertes hallucinantes, dont les 9 minutes de The Brain Of Oscar Panizza par Michael Bundt, mélange de groove puissant et d'expérimentations diverses qui finiront bien par intégrer un mix un de ces jours. 
Sans entrer plus dans le détail, soulignons que si le titre de ces compilations reste un peu abusif (la sélection est loin de se cantonner à la musique électronique), leur contenu permet d'embrasser la décennie dorée de cette formidable vague allemande sans s'épuiser et se ruiner à dénicher les albums originaux.


samedi 23 mai 2015

SERGIUS GOLOWIN Die Weisse Alm

DEUTSCHE ELEKTRONISCHE MUSIK 2 
Record B (compilation)

Label : Soul Jazz Records
Année : 2013
A1 A.R. & Machines : Als Hätt Ich Das Alles Schon Mal Gesehen
A2 Gila : Sundance Chant
A3 Neu! : Isi
A4 Pyrolator : Danger Cruising
B1 Sergius Golowin : Die Weisse Alm
B2 You : Electric Day
B3 Niagara : Gibli
C1 Popol Vuh : Ja Sie Sollen Gottes Kinder Heissen Agnus Dei
C2 Rolf Trostel : Der Prophet
C3 Electric Sandwich : China
D1 Asmus Tietchens : Zeebrugge
D2 Faust : Krautrock 

Genre : Free Rock 70's
7° morceau de L'Inventaire 34 : Die Weisse Alm

Petit à petit, le label Soul Jazz remet en lumière tous les aspects oubliés ou négligés de la musique électrifiée : funk africain, rappeuses old school, groupuscules punks, country féminine et, ici, électronique allemande. Leurs compilations Deutsche Elektronische Musik ratissent large en deux doubles cd (ou quatre doubles lp) qui vont des improvisations hippies héritées des sixties à une new-wave typiquement germanique, en passant par les prémisses de l'indus, de l'électro et quelques belles plages d'ambient synthétique (comme l'inquiétante bande originale de Popol Vuh pour l'Aguirre de Werner Herzog).
Au milieu d'artistes influents et samplés qui n'ont jamais été autant à la mode (Can, Faust, Neu!, Amon Duul) on trouve de parfaits inconnus qui sont pourtant loin d'être négligeables. Ainsi Sergius Golowin dont la discographie se résume en un seul album sorti en 1973 d'où est extrait ce planant Die Weisse Alm
En fait, Sergius Golowin est suisse et pas vraiment musicien. Écrivain politiquement engagé, spécialiste en mythologie, ésotérisme et folklore, il a soutenu le grand prêtre du LSD, Timothy Leary, dans son exil forcé en Suisse et fait lui-même l'objet d'une surveillance serrée dans ces années 70 plombées entre autres par la Guerre Froide. 
Pour cet étrange morceau qui clôt le mix londonien, il annone son texte sur une musique improvisée qu'on attribue souvent à Klaus Schulze mais qui est également signée des autres musiciens présents sur les sessions d'enregistrement de cette album en tout point unique, rarissime et dont la côte atteint des prix vertigineux : Lord Krishna Von Goloka de Sergius Golowin
Quoi qu'en disent les puristes et autres collectionneurs obsessionnels : vive les compilations ! Vive les rééditions !